Les ARIUMS©

Le LiveArium


Le LiveArium® est un projet expérimental proposé par Matthieu Delastre, ingénieur appartenant au groupe Brunet, et par moi-même, dans le cadre de la plateforme d'innovation IDEAS Lab (CEA - Grenoble). Il est la résultante d'une ambition de cette plateforme : concevoir un bâtiment autonome en énergie, propre et mobile, et d'une approche méthodologique tout à fait originale, que nous avons établie, Matthieu et moi-même:

 

Le principe des corps imbriqués.

Notre modèle de LiveArium® repose sur les parti-pris suivants :

 

- travailler sur un volume unique, plutôt que sur un volume recoupé. En effet, tous les bâtiments diffèrent entre eux par leurs recoupements. Le point commun entre tous les bâtiments est l'espace unique (ainsi que le principe d'enveloppe - nous reviendrons sur cette question dans un autre cadre -). Choisir un espace recoupé revient à travailler sur une exception. Nous avons donc décidé de travailler sur ce point commun, que nous appellerons, à dessein, une cellule, au sens de la cellule d'un organisme vivant.

 

Le cahier des charges devient donc : concevoir une cellule autonome en énergie, propre et mobile.

 

- séparer les fonctions de cette cellule, et attribuer à chaque fonction, un objet : c'est le principe des corps imbriqués (PCI).

Quelles sont les grandes fonctions de notre cellule ?

- l'échange avec l'extérieur.

Cela nous donne une enveloppe climatique,

- l'habitacle.

Cela nous donne une seconde enveloppe intérieure,

- et l'usage.

Selon le PCI, l'équipement afférent à cet usage sera reconstruit à l'intérieur de l'habitacle.



Le modèle théorique : un cube

 

La forme choisie pour le LiveArium® est celle d'un cube, car toutes ses faces sont de même surface, et par conséquent sont comparables, et sont orthogonales entre elles, ce qui les rend les plus indépendantes possible les unes des autres. De plus, le cube est une unité aisément multipliable, et superposable.

 

Le modèle symbolique : les faces "existentielles"

 

Prenons un cube de suffisamment grande dimension pour qu'il puisse être considéré comme l'enveloppe d'un habitat. Posons-le au sol. On remarque que chaque face du cube est interfacée de manière différenciée avec l'environnement : une face au sol, une face au ciel, et 4 faces orientées au quatre points cardinaux.

 

Pour préserver le caractère globalisant de notre approche (la plus éloignée d'un modèle ou d'un objet donné), nous dirons que nous avons une face "eau-terre", une face "soleil", et au moins une face exposée au vent : une face "vent".

 

On songe alors que ce cube doit posséder au moins une façade, c'est à dire une face tournée vers l'environnement humain. Nous dirons donc une face "homme".

 

Nous voici donc interfacés non plus seulement avec le climat, mais avec le vivant. On complète donc naturellement cette approche par une face "végétale", et, par complément du végétal, une face "animale".

 

Le modèle obtenu est évidemment très symbolique, et c'est cela qui nous intéresse : il établit une complétude et un langage, sans pour autant imposer des formes, des représentations, ou même des références objectives. La seule forme que nous nous imposons est celle d'un cube, qui n'est pas moins emprunte d'universalité.




Le LiveArium - Animations numériques


Le principe des corps imbriqués appliqué à la forme du cube, et à l'enveloppe extérieure : l'enveloppe climatique, conduit à déterminer de nouveaux objets : des échangeurs climatiques.

Car, nous l'avons vu, chaque face a un nom différent, et devra jouer un rôle différent. Ces faces sont donc profondément identitaires et différentes : chaque face constitue "une entité".

 

Par prolongement du PCI, on en déduit que chaque face est un objet distinct, détachable de l'ensemble. On définit donc :

- un mur végétal,

- un mur animal,

- un mur éolien,

- un mur solaire.

La similitude du modèle du LiveArium® avec une cellule végétale ou animale est frappante : une peau externe, une peau interne, des objets intérieurs et des échangeurs avec l'extérieur. En première approche, le principe des corps imbriqués conduit à concevoir des objets techniques assez semblables à des organismes vivants, dans lequel chaque composant ou constituant peut être isolé, et répond à une fonction précise. Car les organes sont échangeables, même au-delà de la notion d'espèce.

Le principe des corps imbriqués consiste à séparer les fonctionnalités d'un objet, et à attribuer un objet à chacune d'entre elles. On obtient donc un assemblage d'objets-fonctions. On obtient par la même occasion un ensemble de projets liés entre eux par un modèle général.

 

Les qualités de cette méthode sont :

- qu'elle fournit des modèles très aisément manipulables, et complets,

- qu'elle génère des objets exportables dans d'autres contextes,

- que ces objets sont rattachés à un même modèle cohérent,

- qu'elle permet de créer des postures répétitives,

- est qu'elle est "démocratique" : elle crée un langage simple qui ouvre tout projet complexe à des néophytes, et qui repousse la multi-performance qui conduirait immédiatement à faire appel à un spécialiste.

- qu'elle permet d'identifier les spécialistes - il en faut - ou intervenants d'un projet complet, et de former une équipe.


Ces qualités se manifestent de manière particulièrement évidente dans le domaine que nous avons investi avec le LiveArium® : l'architecture.

 

En effet, la pratique architecturale consiste à confier la conception d'un bâtiment à un architecte, à partir d'un programme. Ayant assimilé le programme, l'architecte va d'abord dessiner une enveloppe générale, qu'il va ensuite recouper avec les éléments du programme. Dès lors, il aura créé un objet unique, dans lequel plus rien n'est séparable, ou isolable. Ce phénomène ira croissant au cours de la conception : l'ingénierie du bâtiment va être établie sur le modèle recoupé.

 

Ainsi l'ouvrage est-il repensé à chaque fois, à zéro, et les mêmes études sont-elles réalisées, pour un résultat unique et différencié ; l'architecte reste le spécialiste à la tête du projet ; que ce projet soit performant quelque part, ou au contraire, dysfonctionnant, et le phénomène ne peut être ni reproduit, ni isolé.

 

Dans le modèle du LiveArium®, au contraire, chaque fonction est séparée. Les usages ne sont pas liés à l'enveloppe. La présence d'un spécialiste global n'est ni un préalable, ni une finalité. La conception du tout est le fait d'une équipe. Tout le monde peut comprendre et s'exprimer. Les objets générés ou les assemblages sont reconductibles et reproductibles.


Nous distinguons deux axes de développement qui sont menés de manière conjointe, et se rejoignent dans nombre de cas :

- le LiveArium® - cellule de vie,

- le LiveArium® immersif.

 

La combinaison de ces deux objets donne naissance à une infinité de projets : musées, expositions, espaces de travail collaboratifs, voyages, etc...

 

Le premier est celui qui a été décrit plus haut : une enveloppe climatique, comportant une enveloppe habitacle, intégrant des équipements d'usage. Le tout environné d'échangeurs climatiques.

 

Le second est, par spécialisation, une image unique, dans laquelle nous pouvons entrer physiquement. De ce LiveArium®, toutes les surfaces sont les facettes d'une même image, en plan ou en relief. C'est la mise en place de la contextualisation des univers, et l'invention de volumes dans lesquels la notion d'espace et d'image se fondent au point de s'éclipser l'un l'autre : quand l'espace devient image, et quand l'image devient espace.